Relever le défi. C’était la seule obsession de Cédric Bouillon lorsqu’il s’est lancé dans le Défibrose Rimouski-Montréal, une course de 600 kilomètres à parcourir en 15 jours dans le but de sensibiliser la population à la Mucoviscidose (fibrose kystique au Québec), maladie dont sont atteints deux de ses enfants. Après avoir enfilé près de 14 marathons, le Québécois revient sur cette expérience hors du commun qui lui a appris a accepter les défaites pour mieux se relever et surtout aller jusqu’au bout de ce genre de défi.

Supporter l’insupportable pour relever le défi

13226667_10153687424697057_917545247161461355_nL’aventure a relativement bien débuté compte tenu de la température fraîche les deux premiers jours, avec un thermomètre bloqué à 5°C et alors que la pluie et le vent s’étaient mis de la partie. « De quoi démarrer sur une base solide », rigole Cédric aujourd’hui. Et, en effet, il a parcouru la distance prévue au cours des quatre premiers jours sans trop de problème. Mais, à la fin de son quatrième marathon, les choses ont commencé à se gâter. « J’ai débuté cette journée avec une douleur au genou droit accompagnée d’une légère enflure. Ensuite, au cours de la matinée, un pincement est apparu dans le genou gauche. » Si cette désagréable sensation à vite disparu, ce n’était en réalité que le début de la galère!

« Plus tard dans la soirée, la douleur s’est intensifiée au niveau du genou gauche, je me suis alors persuadé qu’une bonne nuit de repos allait régler le problème… Quelle erreur! Le lendemain matin au levé c’est un cauchemar qui m’attendait. La douleur était omniprésente. » Toujours positif, Cédric se persuade qu’un bon petit échauffement va tout remette en place et que, hop, le tour sera joué, il pourra à nouveau relever le défi. Si seulement…

« Dès les premiers pas du cinquième jour, j’ai su que c’était la catastrophe. Je me suis toutefois entêté à courir 10 kilomètres avec une douleur qui devenait de plus en plus difficile à gérer. Dès le cinquième kilomètres, c’était juste devenu intolérable. Mon genou pliait tellement la douleur était forte. » C’est la panique! Cédric, qui a passé des mois à préparer ce défi pour faire parler d’une maladie qui touche deux de ses enfants, croit que la fin est proche et c’est en larme qu’il contacte sa physio pour que cesse enfin la douleur. Après un traitement, il décide néanmoins de retenter sa chance et parcourt de peine et de misère 7 kilomètres sur lesquels il alterne marche et course. « J’ai alors dû accepter mon premier écart au plan initialement fixé : sauter 15 kilomètres pour continuer à avancer au rythme prévu. »

 

S’interrompre pour mieux relever le défi

Le soir même, il passe entre les mains d’un nouveau physio qui lui recommande fortement de prendre une journée de repos afin de permettre à l’enflure de son genou droit de se résorber et de reposer les ligaments du genou gauche. Il s’accorde alors à contrecœur une journée de repos pour mieux reprendre, dans la joie et la bonne humeur, son périple au jour 7. Il se contente alors de parcourir 31 kilomètres avant de s’accorder une autre journée off le huitième jour.

Cette interruption bien involontaire lui a permis de commencer la seconde semaine du défi plus solidement. « J’ai parcouru 6 marathons en ligne et ai même poussé une journée à 45 kilomètres et une autre à 44 kilomètres! Malgré la douleur omniprésente mais gérable et la chaleur infernale de la grande région de Montréal (32°C avec un taux d’humidité de dingue et un soleil plombant). »

À la fin de la quatorzième journée du défi, la douleur est revenue. Se pose alors un gros dilemme : faut-il se lancer dans un 42 km pour la dernière journée ou sauter les kilomètres prévus le matin histoire de se réserver pour les 23,5 kilomètres de l’après-midi. Le but étant de se rendre au point de rendez-vous afin de participer à la marche national de la fibrose kystique. Cédric opte pour le plan B. Sans regret. « Je suis arrivé au Parc de la Nature de Laval vers 14 h 30 le 29 mai. C’était l’euphorie! J’avais peine à réaliser ce qui m’arrivait, entre toutes les chaleureuses félicitations, les entrevues avec les médias, etc. »

 

503 kilomètres dans les jambes et la volonté de continuer à se battre

Au final, Cédric aura parcouru 503 kilomètres à la course à pied en 15 jours, sur les 593 kilomètres prévus à l’origine. Une belle réussite malgré tout. « Je pensais courir chaque kilomètres mais j’ai du m’adapter à la situation et cela constitue en soi une réussite. Il faut être capable en ultra marathon d’appuyer sur la touche  »reset » pour s’assurer d’avoir le mental pour terminer. »

Une autre victoire est aussi, sans aucun doute, d’avoir réussi à mobiliser les médias autour de l’événement et d’avoir marqué les gens avec ce défi qui raconte aussi l’histoire d’un père de famille qui se bat pour ses enfants. S’il y a une chose que Cédric espère aujourd’hui, c’est que ses enfants se rappelleront, quand ils auront des moments plus difficiles, à quel point leur père s’est battu pour eux et qu’ils auront alors le courage de faire la même chose face à maladie!

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Benoist Jean-Philippe

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